Le système Victoria – Eric Reinhardt

Quatrième de couverture :

« Si j’avais renoncé, à cet instant précis, à lui adresser la parole, intimidé par la perspective de faire entrer dans ma vie une femme de cette stature ; si je lui avais dit : « Excusez-moi, je suis désolé, je vous ai prise pour quelqu’un d’autre », avant de m’éloigner et de rentrer chez moi ; si j’avais pu savoir que l’aborder entraînerait mon existence dans une direction où je n’étais pas sûr de désirer qu’elle s’aventure, Victoria n’aurait peut pas trouvé la mort un peu moins d’un an après notre rencontre. Elle serait encore vivante aujourd’hui. Je ne vivrais pas retiré dans un hôtel de la Creuse, au bord d’une route, séparé de Sylvie et des enfants, à ruminer ma culpabilité. Je n’aurais pas été détruit par le rôle que j’ai joué dans ce drame, ni par les deux jours de garde à vue qui en ont découlé. Le visage, les regards, la pitié de Christophe Keller ne se seraient pas installés dans ma conscience comme une obsession corrosive. Mais il se trouve que le visage de Victoria s’est tourné vers le mien et que j’ai basculé dans ce regard qui s’étonnait. »

 

L’auteur :

Né en 1965, Éric Reinhardt est l’auteur de Demi-sommeil (Actes Sud, 1998), du Moral des ménages (Stock, 2002), de Existence (Stock, 2004) et de Cendrillon (Stock, 2007).

 

Mon avis :

Ce roman pourrait être le récit convenu d’une relation adultère, ou un polar décrivant l’enquête entourant la mort mystérieuse de Victoria, mais non. Il est bien plus que cela. Récit d’une histoire d’amour passionnel entre un homme plein de doute sur lui-même et une femme de pouvoir, il se fait aussi le témoin des excès d’un libéralisme débridé.

Le point récurrent du livre, c’est le sexe. Bien que ça ne soit pas un roman érotique, celui-ci y est constamment présent, avec des pages d’une force époustouflante. C’est le sexe qui réuni David et Victoria, c’est également lui qui contribuera à causer leur perte, mais pas seul.

Le « système » de vie construit par Victoria, aussi parfait qu’il semble paraître, se lézarde pour finir par la détruire. L’auteur a-t-il voulu mettre ce système en parallèle avec les lézardes qui fissurent le système économique mondial aujourd’hui ? C’est sur ce point précis (et sur bien d’autres choses) qu’Éric Reinhardt répond dans une longue interview accordée au journal Libération.

Ce roman est un pavé de 522 pages, mais qui se dévore, tant il est prenant. Quant au style, il est brillant, travaillé. On ne peut rester insensible devant la beauté de certaines phrases.

« Le système Victoria » est un grand livre, qui, une fois terminé, laisse le regret de ne pas pouvoir le découvrir à nouveau.

 

A paraître le 23 août aux Éditions Stock

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2 réflexions sur “Le système Victoria – Eric Reinhardt

  1. Bonjour Isabelle !
    Je suis beaucoup plus partagé que vous sur ce « pavé ». Parfois d’un extrême ennui, parfois très prenant. La moitié du roman est à mon avis à jeter (OK c’est bien écrit, mais les histoires (banales et peu crédibles !) dans l’histoire…).L’auteur semble s’assumer sur les 200 dernières pages, très intenses et sexuelles – c’était finalement un livre de cul, un pur de gare, qu’il voulait écrire, je pense !

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    • Comme quoi, d’un lecteur à un autre le ressenti peut-être totalement différent (et heureusement d’ailleurs, sinon le monde serait bien terne).

      Je ne partage pas votre opinion Guillaume, mais je la respecte 🙂 Merci d’être passé, ma porte vous est grande ouverte !

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