mort-en-direct.com – John Katzenbach

Quatrième de couverture

Adrian, professeur de psychologie, apprend qu’il est atteint d une maladie dégénérative du cerveau. Ce mal incurable provoque des hallucinations, au cours desquelles il converse avec les membres de sa famille décédés : sa femme, son fils et son frère mort au Vietnam.
Quand une jeune fille disparaît, Adrian est le seul à croire à un enlèvement. Il découvre bientôt que la victime est séquestrée dans une cave et filmée vingt-quatre heures sur vingt-quatre par un couple réalisant des snuff movies. Mais, sans l’aide de la police, Adrian doit, pour la sauver, faire appel à un spécialiste des réseaux souterrains et illégaux : un pervers sexuel en liberté surveillée. Adrian la retrouvera-t-il avant de sombrer dans la folie ?

Mon avis

Dire que je fus aspirée par ce roman très noir mais aussi plein d’émotions diverses serait un euphémisme.

L’auteur développe ici son intrigue selon divers points de vue. Ainsi se succède l’avancée d’Adrian, le héros veillissant et malade, la vie de la jeune victime aux mains de ses tortionnaires, le point de vue et surtout les motivations, des divers voyeurs aux quatre coins de la planète, et bien sûr, l’enquête de police traditionnelle. Deux enfermements totalement différents et pourtant mortels : la maladie et la folie destructrice humaine.

En parallèle de la cours contre la mort qu’engage Adrian, nous suivons page après page son enfoncement inexorable dans les limbes noires que la maladie déploie sur lui. La folie qui le gagne est, paradoxalement, une alliée précieuse puisqu’il se retrouve ainsi aidé dans sa tâche par des alliés pour le moins peu conventionnels : sa femme, son frère et son fils. A première vue, cela n’a rien de surprenant, si ce n’est que tous trois sont décédés et que ce sont leurs fantômes, nés du cerveau malade d’Adrian, qui le guident.

Si l’intrigue policière est totalement prenante et angoissante, l’auteur développe ici une très belle psychologie des personnages. Tout en fragilités, en sensibilité, en doutes, aucun ne peut laisser insensible. Le lecteur a successivement le cœur soulevé par le sadisme des bourreaux, des sursauts d’indignation devant les aspirations voyeuristes des spectateurs (et là, on découvre qu’à des degrés très divers, nous sommes tous d’épouvantables voyeurs), la tendresse et l’empathie pour ce vieux bonhomme attachant, profondément humain, qui jette ses dernières forces et le peu de raison qui lui reste à sauver une gamine qu’il ne connait que pour l’avoir entrevue quelques secondes.

C’est vraiment un excellent polar, noir à souhait, dont la lecture ne nous laisse pas indemne.

Paru en mai 2012 aux Presses de la Cité

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