La peau des autres – Éric Paradisi

Quatrième de couverture

« J’avais deux femmes dans ma vie. Ça s’était présenté comme ça. Deux moitiés très différentes qui me donnaient la même chose différemment. L’une était amoureuse, l’autre avait oublié. J’avais deux femmes pour moi tout seul, parce que je n’en pouvais plus d’être seul. L’une était rationnelle, l’autre pensait avec ses mains. J’avais deux femmes dans ma vie, et l’impression d’être sincère. L’une avait tout pour elle, l’autre ne voulait rien posséder. J’avais deux femmes dans ma vie, et ma vie sur leur peau. « 

Mon avis

Eh oui, voilà que je vous reparle encore d’Éric Paradisi… Que voulez-vous, lorsque j’aime un auteur, je suis tentée de lire le maximum de livres de sa plume, et celui-ci me tentait d’autant plus qu’il fut son tout premier roman.

On retrouve déjà le style très particulier de l’auteur, sa sensibilité à fleur de peau (sans jeu de mots avec le titre), son écriture courte, comme taillée à la hache pour aller droit à l’essentiel et mieux toucher (ou déranger) le lecteur.

Avec ce récit écrit à la première personne, comme c’est aussi le cas de ses autres romans, l’auteur nous fait partager sa vie, ses difficultés relationnelles avec les femmes, avec ses parents. Son incapacité à exprimer ses sentiments, particulièrement avec son père dont pourtant l’amour qu’il lui porte jaillit de chacunes des pages qu’il écrit. Là déjà, comme dans son dernier roman En retard sur la vie, on retrouve en filigrane sa passion pour le cinéma et les actrices.

Et puis il y a cette peau, omniprésente, sensuelle. Que ce soit celle que travaille son père pour en faire des vêtements, celles des deux femmes dont il partage la couche ou celle tannée et vieillissante de son père en fin de vie, toutes racontent une histoire, donnent naissance à des sensations tout simplement belles ou parfois émouvantes, voire bouleversantes. Si j’osais, je dirais que c’est un roman tactile tellement l’auteur nous la restitue magistralement.

Encore une lecture dont on ne sort pas indemne tellement elle fait jaillir en nous des émotions profondes.

Voici un cours extrait qui m’a beaucoup émue à la lecture

On n’en finit jamais avec l’enfance. Le fond revient. Un fond que l’on touche sans atteindre le début ni la fin. Un fond de sourire. De tendresse. D’amour. Un fond où l’on s’abîme. Disparu. Des morceaux d’épaves qui remontent parfois à la surface. Pas grand-chose. Des débris qui ne rassemblent rien. Qui ne recomposent rien. L’enfance gît. Des années plus bas. Elle garde le mystère du naufrage. On ne saura rien. Juste un fond. Une larme.

Ce livre est un vrai petit bijou qui mérite largement d’être découvert. Alors n’hésitez pas !

La peau des autres – Editions Gallimard – 11.20 €

 

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