Darling – Jean Teulé

darling J. TeuléQuatrième de couverture

Elle voulait qu’on l’appelle « Darling ». Elle y tenait!
Pour oublier les coups reçus depuis l’enfance, les rebuffades et les insultes, pour effacer les cicatrices et atténuer la morsure des cauchemars qui la hantent.
Elle voulait que les autres entendent, au moins une fois dans leur existence, la voix de toutes les « Darling » du monde.
Elle a rencontré Jean Teulé. Il l’a écoutée et lui a écrit ce roman.
Un livre unique.
Derrière l’impitoyable lucidité de son humour, Jean Teulé célèbre le flamboyant courage de celles qui refusent de continuer à subir en silence la cruauté imbécile de la vie et des autres.

Mon avis

Que dire de ce roman, sinon que c’est un voyage au bout de la misère humaine, au bout de la souffrance ? Catherine naît dans une famille de paysans normands rustres. Enfant non désirée, elle subit les maltraitances quotidiennes de ses parents et de ses frères. Son seul rêve est de partir et surtout, de ne pas devenir « paysante ». Son avenir elle le voit avec un routier, elle le sait, elle l’attend. Aussi. lorsqu’on lui offre une cibi, celle que tout le monde appelle « Tartine » (parce qu’elle travaille en boulangerie) choisit de devenir « Darling ». Ainsi rencontre-t-elle « Roméo » avec qui elle partira et qu’elle épousera, pour son plus grand malheur.

Elle pensait avoir connu l’enfer, mais ce n’était rien à côté de ce que lui fera subir son mari. Coup, viols collectifs, actes de tortures et de barbarie, il ne lui épargne rien et agit devant ses enfants. Et lorsque enfin elle fuit pour sauver sa vie, c’est contre eux qu’il déchaînera sa violence et sa perversion, enchaînant ses fils dans la niche du chien et violant sa fille de cinq ans. Les trois enfants seront placés, chacun dans un centre différent. Elle s’abrutit de travail dans l’espoir de récupérer ses enfants, puis s’enfonce dans l’alcool en n’y parvenant pas… Puis fait une nouvelle rencontre, celle d’un homme bien cette fois. Là où d’autres qu’elle seraient mortes, elle trouve en elle une force surhumaine pour rebondir et continuer sa route

Si ce livre est écrit comme un roman, ce n’est pourtant pas une fiction. Jean Teulé raconte l’histoire vraie de Catherine dite « Darling », sa lointaine cousine venue à sa rencontre parce qu’on lui a dit qu’il recherchait des histoires de vie hors norme pour écrire un roman. « Puisque c’est un roman, fais-moi belle Jean », lui demande-t-elle. Le récit est entrecoupé de passage en italique, qui retranscrivent les échanges entre l’auteur et Darling, et qui viennent nous rappeler à tout moment que non, cet enfer n’est pas une fiction… Malheureusement. Dans le récit de ce long calvaire, parfois une phrase décalée empreinte d’un humour noir et brut nous arrache malgré tout un sourire. Un exemple : lorsque Darling compare son frère, mort transpercé par un tuyau, à un joueur de baby-foot sur sa barre… Et cet humour a son importance car finalement, c’est ce décalage entre la réalité et les mots que Darling utilise pour la décrire qui l’a protégée.

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