La Retirada – Patricia Gavoille

la retirada bisQuatrième de couverture

Patricia Gavoille relie à nouveau les hommes aux mots. Comme la Tramontane « qui lève des spirales de sable », Patricia Gavoille lève, elle, les coeurs. Ainsi, dans ce roman, La Retirada, elle raconte comment des républicains espagnols fuyant leur pays sous l’emprise de Franco ont trouvé « refuge », « accueillis » à Miellin, camp de concentration dans les Vosges saônoises en 1939. Pas revancharde ni justicière, l’auteur, avec ses mots à elle parlant de leur souffrance, ne veut pas trahir ce que ces gens possèdent de plus cher, la dignité, mais au contraire la leur restituer. Poings levés avec les coeurs, elle décrit, non, dénonce, comment après avoir été démantibulées, séparées par un garrot mortel, les familles exsangues mais fortes et courageuses vécurent séparées, femme et enfants d’un coté, les hommes de l’autre. Avec Patricia Gavoille, grâce à elle ou en dépit d’elle, on suit en enfer ces rails parallèles quelle nous fait prendre mais surtout grâce à elle une émotion intense ouvre aussi les vannes à des larmes de joie ! Car Patricia Gavoille sait réhabiliter la nature humaine !

Mon avis

Patricia Gavoille est une auteure franc-comtoise qui signe ici son septième roman. Basé sur des faits et personnages réels, ce roman nous fait découvrir ce que fut l’exode des républicains espagnols réfugiés en France. Séparées, les familles se voient parquées dans différents camps : les hommes valides sont internés dans le sud-ouest sur des plages, les femmes, enfants et invalides sont envoyés dans l’arrière du pays. Dans ce roman, on suit donc Francisca et ses compagnons d’infortune jusqu’au camp d’internement de Miellin, petit village des Vosges saônoises. On hallucine devant les conditions de rétention : des lieux insalubres, de la paille et des planches en guise de lits, manque alarmant de nourriture, enfants non scolarirés car à quoi bon, ils ne parlent même pas français ! Et on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec la façon dont, encore aujourd’hui, on accueille les réfugiés un peu partout dans le monde, et en France en particulier. 80 ans plus tard, rien n’a vraiment évolué ; on a toujours la même défiance vis à vis de ces populations que la guerre et la répression chassent de leurs pays.

C’est un roman bouleversant que Patricia Gavoille nous livre ici, un de ceux qui prennent aux tripes. Il a, de plus, le mérite de nous éclairer sur cette période assez méconnue de notre histoire. Alors que je ne suis qu’à une petite dizaine de kilomètres de Miellin, je connaissais très mal ce camp dont plus rien ne subsiste aujourd’hui, hormis une stèle commémorative érigée sur les lieux, et encore moins le sort qui était réservés aux internés. Ce camp, situé dans un ancien tissage,  a pourtant été en fonction de 1939 à 1941, et a accueilli quelque 600 personnes -dont la moitié d’enfants.

La Retirada s’impose comme une lecture nécessaire, pour toute personne attachée à l’humain et à l’histoire du XXème siècle. Le seul point négatif que je relèverai, c’est la couverture qui n’est vraiment pas à la hauteur. Sachant que son attrait est l’élément le plus déclencheur d’achat, elle aurait mérité d’être beaucoup plus soignée et attractive.

La Retirada est paru aux éditions Günten en mai 2015 – 19 euros

Patricia Gavoille sera en dédicace à la médiathèque de Plancher-Bas le samedi 27 juin 2015, de 14 heures à 17 heures. Venez nombreux la rencontrer !

 

 

 

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