Héloïse, ouille – Jean Teulé

Héloise ouilleQuatrième de couverture

À la fin de sa vie, Abélard écrivait à Héloïse :  » Tu sais à quelles abjections ma luxure d’alors a conduit nos corps au point qu’aucun respect de la décence ou de Dieu ne me retirait de ce bourbier et que quand, même si ce n’était pas très souvent, tu hésitais, tu tentais de me dissuader, je profitais de ta faiblesse et te contraignais à consentir par des coups. Car je t’étais lié par une appétence si ardente que je faisais passer bien avant Dieu les misérables voluptés si obscènes que j’aurais honte aujourd’hui de nommer.  » Depuis quand ne peut-on pas nommer les choses ? Jean Teulé s’y emploie avec gourmandise.

Mon avis

J’ai abordé la lecture de ce roman sans aucun a priori, bien qu’ayant lu grand nombre de critiques. Beaucoup étaient assassines, accusant Jean Teulé d’avoir fait de la mythique histoire d’amour d’Héloïse et Abélard quelque chose de trivial et de pornographique. Mais… Quand on sait que de cet amour est né un fils, force est de reconnaître que cet amour ne fut pas seulement platonique… Et lorsque l’on se réfère à certaines phrases écrites par Abélard à Héloïse, ce ne fut pas non plus forcément toujours très fleur bleue. Il n’en fallait pas plus pour que l’auteur à la verve truculente ne s’engouffre avec gouaille et une certaine trivialité dans cette porte entrouverte.

Tout repose sur des faits établis et des écrits existants. La biographie des deux personnages est scrupuleusement respectée, même si Teulé, comme à son habitude, a brodé autour. Réduire ce livre à ses cent premières pages -parfois fort osées-, c’est passer totalement à côté de la dimension du roman.

Les personnages sont extraordinairement modernes. Abelard, érudit et philosophe qui est la coqueluche de ses élèves (« scolare » dans le texte), n’hésite pas à remettre en question les dogmes de l’Eglise au nom d’une imparable logique, au point de se retrouver par deux fois poursuivi comme hérétique. Héloïse de son côté, si elle entre en religion par amour et soumission à son amant et mari, profite de l’occasion pour instruire ses consœurs en leur apprenant à lire et à écrire. Une femme instruite est totalement hors norme pour l’époque, alors si en plus elle veut étendre son instruction aux autres… Il faut savoir que Héloïse fut la toute première femme de lettres française et sans doute la première à revendiquer certains droits pour les femmes.

N’ayant pas une grande connaissance de l’oeuvre de Jean Teulé, je ne saurais dire comment se situe ce roman par rapport aux autres. Je l’ai trouvé agréable à lire malgré quelques longueurs, j’ai beaucoup ri (Abelard rebaptisé « Couic-couic » après sa castration par exemple) également. Bref, une lecture que j’ai appréciée.

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