La maison des anges – Pascal Bruckner

Résumé de l’éditeur

Antonin Dampierre, la trentaine soignée, est un garçon normal. Ou presque. Il travaille dans une agence immobilière de luxe jusqu’au jour où, ratant une vente à cause de deux ivrognes, il rosse l’un deux à mort. Illumination ! Notre purificateur commence alors sa quête hallucinée dans le Paris des naufragés où il croise la route d’Isolde. Cette héroïne de l’humanitaire parviendra-t-elle à le sauver de lui-même ? La Maison des Anges est un polar du bitume qui nous emporte avec effroi et jubilation dans le grand ventre de Paris.

Mon avis

C’est un roman au thème particulier, puisqu’il aborde la vision que l’on peut avoir du monde de la rue, partant du fait que ce qui nous fait peur ou nous dégoûte, c’est la peur de s’y retrouver un jour, ce qui n’est pas faux bien qu’un peu facile.

Avec le clochard, la compassion n’est jamais loin de la violence, la charité de la haine. On ne pardonne pas à celui qui s’abaisse de vous abaisser en même temps, de vous tirer vers la fange. Dans sa perdition, il suscite en nous une sorte d’horreur sacrée puisqu’une mince frontière sépare la vie courante de l’abjection. Il incarne la fascination du gouffre.

Dès le premier chapitre, qui est en exergue du reste de l’histoire, on se retrouve plongé dans le psychisme du personnage principal et on découvre ses blessures profondes qui seront causes de tout le reste.

Comme à son habitude, Pascal Bruckner nous livre un portrait sans concession de la nature humaine au travers d’une galerie de personnages divers : Antonin bien sûr, mais aussi Isolde de Hauteluce, la madone des SDF qui s’est fait mission de les servir autant qu’elle le peut avec son refuge « La Maison des Anges », après avoir été bénévole auprès de Mère Thérésa à Calcutta… Les personnages secondaires sont pas mal non plus, qu’ils soient bourgeois, stars des médias ou simples clochards.

Tous ces militants associatifs sont pareils aux dames patronnesses du XIXe siècle: ils ont leurs gitans, leurs Roms, leurs sans-papiers, leurs femmes excisées, leurs immigrés, ils les choient comme un trésor. Sans parler des comédiennes qui portent leurs opprimés en bandoulière et s’en servent comme instrument de promotion personnelle. Elles posent au Sahel ou au Bangladesh avec des négrillons au ventre gonflé ou des enfants affamés. Mais poser avec un clodo bien de chez nous et qui pue, , c’est moins glamour, il n’y a pas de retour sur investissement.

Dans les remerciements qui clôturent le volume, on découvre comment est né le roman. Bruckner y raconte comment dans les années 60, alors qu’il était en terrasse d’un bistrot avec des amis trotskistes, l’un d’un s’est amusé à bousculer un clochard au point de le faire chuter sur le bitume et comment il a pris conscience alors de la fragilité de ces personnes et de la gêne qu’elles faisaient naître chez nous.

C’est un roman qui fait réfléchir, qui remet en cause notre vision de la misère. A une époque où celle-ci n’a jamais été aussi présente partout, c’est loin d’être inintéressant.

C’est un roman noir dans lequel le désespoir, le cynisme et la cruauté se disputent la vedette.

La Maison des Anges de Pascal Bruckner est paru aux éditions Grasset et est également disponible au Livre de Poche.

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