Vengeance sans visage – Fabrice Pichon

Quatrième de couverture

Un homme crucifié contre la porte de la Citadelle de Besançon, bientôt suivi d’un second sur le fronton de la Porte Noire. La commissaire de police Nicole Desvignes est confrontée à l’enquête la plus compliquée et la plus périlleuse de toute sa carrière.
Suspens, angoisse et rebondissements qui la mènent de Besançon à Pouilley les Vignes, de Dijon à Cavalaire sur Mer.
Fabrice Pichon signe ici un premier roman policier tout à fait époustouflant…

Mon avis

Depuis longtemps, je m’étais promis de lire Fabrice Pichon, mais je n’ai acheté un de ses romans que très récemment. Il s’agit en fait d’une réédition de son tout premier, ressorti en 2015 en format poche aux Editions du Citron bleu.

J’ai été scotchée lorsque j’ai vu qu’il s’agissait d’un premier roman, car la qualité est là, et pas qu’un peu, tant au niveau de l’écriture -qui est fluide et efficace- que de l’intrigue qui nous tient en haleine  tout au long des pages.

Ce bisontin de naissance -qui a réalisé la fusion des régions bien avant l’heure puisqu’il vit à Dijon, comme son héroïne- nous invite à découvrir la capitale comtoise, sans pour autant transformer son roman en guide touristique. C’est un décor juste, qui donne des repères à toute personne connaissant la ville -ou qui donne envie de la découvrir si tel n’est pas le cas-, mais qui sait rester à sa place. A aucun moment, on ne vois de description poussive, qui serait là parce qu’il le faut bien. Non non, tout tombe à pic au bon moment et juste ce qu’il faut.

Mais surtout, ce qui fait l’attrait de Vengeance sans visage, c’est la psychologie des personnages. Tous sont attachants, avec leurs forces et surtout leurs faiblesses. Un polar comme je les aime, dans lequel rien n’est gratuit.  Du coup, je vais m’intéresser aux autres romans de Fabrice Pichon : Le complexe du prisme, Le mémorial des anges et Le sang du passé, tous parus aux Editions du Citron bleu, et le petit dernier, Plus de problème.com sorti en janvier aux Editions Lajouanie.

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Résurgence – Isabelle Bruhl-Bastien

Quatrième de couverture

La vie réserve quelques surprises ! Cette histoire est celle du destin croisé de deux femmes, Mathilde, vingt-cinq ans, et Aurore, quarante ans. Cette dernière mène une double enquête en suivant son intuition et en écoutant son cœur fraîchement greffé. Elle revient ainsi sur l’histoire de Mathilde, rencontrée dans une librairie quelques mois plus tôt. Aux prises avec de vieux démons enfouis, elle se retrouve dans un tourbillon d’intrigues qui la mènent de Lyon à Belfort, en passant par Nancy, puis Saint-Pétersbourg. Croyez-vous au hasard ?

Mon avis

J’ai fait la connaissance de l’auteur il y a un peu plus d’un an, alors qu’elle dédicaçait son premier roman, Les secrets du cylindre, dans une médiathèque de la vallée. Je l’avais alors invitée à participer à l’un de nos cafés littéraire, ça s’était fait en novembre 2014.

Avec Résurgence, Isabelle Bruhl-Bastien nous livre un roman à suspens tout en finesse, qui offre des ressentis incroyables de justesse, et un retournement final de situation dont je ne dirai rien, sinon qu’il est bouleversant. La plume de l’auteur a gagné en assurance et je n’ai pas relevé les quelques maladresses que j’avais trouvées dans le précédent volume.

Il est extrêmement difficile de parler du livre sans en dévoiler la trame, aussi ne le ferais-je pas. Mais c’est frustrant, car j’aimerais beaucoup expliquer ce qui m’a tant touchée à la lecture. C’est une histoire profondément humaine que vous découvrirez, qui met en valeur tout ce qui constitue -de façon immatérielle- un être humain : ses intuitions, ses doutes, sa construction psychologique, mais aussi les non-dits et les secrets de famille au pouvoir extrêmement destructeurs.

Si je devais qualifier les romans d’Isabelle Bruhl-Bastien, je dirais qu’ils sont de ceux qui font du bien à l’âme, car ils parlent vrai. Comme quoi la lecture peut également être une excellente thérapie 😉

Résurgence est paru en octobre 2015 aux éditions du Citron Bleu. Isabelle Bruhl-Bastien sera l’invitée du Café Littéraire des deux Plancher le 3 décembre 2015, à la médiathèque de Plancher-Bas

Histoire d’un amour, le roman de Pergaud – Dominique Gros

Quatrième de couverture

4ème de couv roman pergaud

 

Mon avis

Pour tout franc-comtois qui se respecte, Louis Pergaud est une icône, tout comme Victor Hugo d’ailleurs, bien qu’à des niveaux différents. Ce joli petit livre est donc paru au printemps, tout juste pour saluer le centenaire de la disparition de Pergaud. Et quel plus bel hommage que ce roman dont la narratrice n’est autre que Delphine Pergaud, elle-même ? Cela donne au texte une puissance et une tendresse toutes particulières qui touchent infiniment le lecteur.

Quel plaisir d’entrer dans l’intimité du couple, sans jamais se sentir voyeur car c’est mené avec subtilité. On apprend beaucoup sur le quotidien de l’auteur, ses petites manies, sa façon d’être en général. Je me suis passionnée pour son parcours littéraire, pour son amitié avec Léon Deubel, l’autre comtois exilé à Paris, qui partagea l’appartement du couple quelques temps. J’ai senti l’air pur du Haut-Doubs à chaque séjour du couple à Landresse où il allait se ressourcer régulièrement…

Et puis il y a la seconde partie qui débute peu avant la déclaration de guerre. Le départ pour le front, et les lettres quotidiennes. L’auteur s’est imprégné de cette correspondance de guerre de Pergaud pour en retranscrire toute la richesse ainsi que le lien indéfectible qui a uni Louis et Delphine jusqu’au bout. Lui, minimisant ce qu’était son quotidien pour la protéger, elle faisant semblant d’y croire et lui cachant les disparitions de ses amis, pour ne pas que la moindre faiblesse de sa part ne le mette en danger.

J’ai beaucoup aimé la plume de Dominique Gros, toute en finesse, ciselée. Bref, c’est un très beau roman qui mérite vraiment d’être lu et reconnu pour ce qu’il vaut. Un vrai coup de coeur.

La Retirada – Patricia Gavoille

la retirada bisQuatrième de couverture

Patricia Gavoille relie à nouveau les hommes aux mots. Comme la Tramontane « qui lève des spirales de sable », Patricia Gavoille lève, elle, les coeurs. Ainsi, dans ce roman, La Retirada, elle raconte comment des républicains espagnols fuyant leur pays sous l’emprise de Franco ont trouvé « refuge », « accueillis » à Miellin, camp de concentration dans les Vosges saônoises en 1939. Pas revancharde ni justicière, l’auteur, avec ses mots à elle parlant de leur souffrance, ne veut pas trahir ce que ces gens possèdent de plus cher, la dignité, mais au contraire la leur restituer. Poings levés avec les coeurs, elle décrit, non, dénonce, comment après avoir été démantibulées, séparées par un garrot mortel, les familles exsangues mais fortes et courageuses vécurent séparées, femme et enfants d’un coté, les hommes de l’autre. Avec Patricia Gavoille, grâce à elle ou en dépit d’elle, on suit en enfer ces rails parallèles quelle nous fait prendre mais surtout grâce à elle une émotion intense ouvre aussi les vannes à des larmes de joie ! Car Patricia Gavoille sait réhabiliter la nature humaine !

Mon avis

Patricia Gavoille est une auteure franc-comtoise qui signe ici son septième roman. Basé sur des faits et personnages réels, ce roman nous fait découvrir ce que fut l’exode des républicains espagnols réfugiés en France. Séparées, les familles se voient parquées dans différents camps : les hommes valides sont internés dans le sud-ouest sur des plages, les femmes, enfants et invalides sont envoyés dans l’arrière du pays. Dans ce roman, on suit donc Francisca et ses compagnons d’infortune jusqu’au camp d’internement de Miellin, petit village des Vosges saônoises. On hallucine devant les conditions de rétention : des lieux insalubres, de la paille et des planches en guise de lits, manque alarmant de nourriture, enfants non scolarirés car à quoi bon, ils ne parlent même pas français ! Et on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec la façon dont, encore aujourd’hui, on accueille les réfugiés un peu partout dans le monde, et en France en particulier. 80 ans plus tard, rien n’a vraiment évolué ; on a toujours la même défiance vis à vis de ces populations que la guerre et la répression chassent de leurs pays.

C’est un roman bouleversant que Patricia Gavoille nous livre ici, un de ceux qui prennent aux tripes. Il a, de plus, le mérite de nous éclairer sur cette période assez méconnue de notre histoire. Alors que je ne suis qu’à une petite dizaine de kilomètres de Miellin, je connaissais très mal ce camp dont plus rien ne subsiste aujourd’hui, hormis une stèle commémorative érigée sur les lieux, et encore moins le sort qui était réservés aux internés. Ce camp, situé dans un ancien tissage,  a pourtant été en fonction de 1939 à 1941, et a accueilli quelque 600 personnes -dont la moitié d’enfants.

La Retirada s’impose comme une lecture nécessaire, pour toute personne attachée à l’humain et à l’histoire du XXème siècle. Le seul point négatif que je relèverai, c’est la couverture qui n’est vraiment pas à la hauteur. Sachant que son attrait est l’élément le plus déclencheur d’achat, elle aurait mérité d’être beaucoup plus soignée et attractive.

La Retirada est paru aux éditions Günten en mai 2015 – 19 euros

Patricia Gavoille sera en dédicace à la médiathèque de Plancher-Bas le samedi 27 juin 2015, de 14 heures à 17 heures. Venez nombreux la rencontrer !

 

 

 

La Comté enchantée – Hervé Thiry-Duval

comte-enchanteeQuatrième de couverture

Dans le panthéon merveilleux de la Franche-Comté, il existe toutes sortes de créatures, bonnes ou mauvaises, belles ou affreuses. Il en est de très célèbres, comme la Vouivre, les Dames vertes, les Foultots ou tante Arie. Mais on y rencontre aussi des êtres plus obscurs, des personnages au caractère malicieux, mystérieux, dont le souvenir a aujourd’hui presque totalement disparu.

Heureusement pour nous, Hervé Thiry-Duval est là pour nous entretenir de merveilles que la plupart des gens d’aujourd’hui ont oubliées. Il nous rappelle, à travers ses contes et récits « désordinaires », que la vie est aussi faite de magie et de mystère, que l’existence ne se résume pas uniquement à l’économie, à la crise et au prix du gasoil !

Mon avis

Ce livre est à l’image de son auteur, simple et sans prétention. Hervé Thiry-Duval, fééricologue de son état, est bien connu des auditeurs de France Bleu Belfort-Montbéliard où, chaque jour, il nous régale avec ses légendes et racontars. Le conteur franc-comtois reprend dans ce volume les textes qui lui tiennent le plus à cœur. Ils sont courts et peuvent se lire à l’unité, au gré de nos envies. Inspirés de légendes traditionnelles existantes ou de légendes urbaines plus récentes, ils nous embarquent dans un monde où le surnaturel et le merveilleux règnent en maîtres. À noter que l’ouvrage est illustré de photos en noir et blanc réalisées par l’auteur.

Par les temps qui courent, il est bon de rêver. Alors, ne vous en privez pas, ce livre est fait pour cela.

La Comté enchantée est éditée par les éditions Sutton et parrainé par France Bleu. Il est en vente chez tous les bons libraires

Carnets d’un infirmier d’une guerre oubliée – Daniel Seigneur

Carnets d'un infirmier 2Quatrième de couverture

À l’invitation de sa tante, un jeune homme passe des vacances au cours de l’été 1870 en Savoie. Il va y être surpris par la déclaration de guerre franco-allemande. Ne pouvant plus revenir dans son village à Vyans, situé près d’Héricourt (Haute-Saône), il s’engage dans la Garde mobile de Chambéry et est enrôlé comme ambulancier dans l’armée de l’Est. Il retrouve fortuitement les siens et rencontre une jeune fille. Son bataillon est commandé par Charles-Albert Costa de Beauregard, marquis savoisien mais aussi grand républicain.

Les combats, à commencer par la bataille de Villersexel, en Haute-Saône, vont se poursuivre pendant quelques jours dans la région de Montbéliard, Héricourt, le long de la Lizaine. A travers ce personnage, l’auteur décrit les incommensurables souffrances et la misère des hommes, mal équipés, affamés et gelés qui, par un hiver exceptionnellement froid et rigoureux, combattent sous le commandement du général Bourbaki.

Mon avis

J’ai lu ce roman -car malgré toutes les recherches historiques très pointues, il s’agit bien d’un roman- très vite. Le style de l’auteur est très fluide et on dévore les pages à un rythme soutenu. La guerre de 1870 n’est pas celle qui est la mieux connue du grand public, et si au niveau de la Franche-Comté, on sait tout ou presque du siège de Belfort (qui dura 104 jours et permit à la ville de rester française), le reste des événements de cette période nous échappe totalement. Aussi, ce fut un vrai plaisir pour moi que de m’instruire sur cette période. D’emblée, on s’embarque dans le périple de ce jeune homme, on souffre avec ces soldats victimes d’une guerre ignoble (mais en existe-t-il d’autres ?). On visualise également très bien les lieux lorsque l’on est originaire de la région. Moi qui suis montbéliardaise de naissance, mais qui n’avait jamais entendu parlé de la bataille de la Lizaine, j’ai découvert que des endroits que je connais très bien avaient été les lieux d’une épouvantable et stérile boucherie.

Autre point fort de ce livre, c’est l’état de ce qu’était la médecine de guerre à l’époque et la façon dont travaillaient les « infirmiers » (je mets des guillemets puisque le diplôme d’infirmier(ère) n’a été créé qu’après la guerre de 14/18) de la Croix-Rouge dans ce premier conflit suivant sa fondation par Henri Dunand.

Bref, je n’ai pas été déçue du tout par ce roman que je recommande chaudement à tous les amoureux d’histoire en général et aux francs-comtois en particulier.

Carnets d’un infirmiers d’une guerre oubliée est paru aux Éditions Cabédita

Daniel Seigneur sera l’invité du Café littéraire des deux Plancher le jeudi 5 mars 2015, à partir de 20 heures à la médiathèque de Plancher-Bas.

Les secrets du cylindre – Isabelle Bruhl-Bastien

Quatrième de couverture

Julie Bertin vit à Lyon. Trentenaire, célibataire, elle voue sa vie à sa passion : les étoiles. Le décès de son père la fait revenir en Franche-Comté. En guise de testament, ce dernier lui a laissé des « lettres-énigmes » qui la conduiront sur les routes de France, vers une quête personnelle et philosophique. Au-delà du deuil, sa vie se trouve bouleversée. A l’image de ce médaillon offert par son père quelques mois avant de mourir, elle reconstitue tel un puzzle les fragments de son histoire familiale aux secrets bien gardés.

Mon avis

J’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteur alors qu’elle était en dédicace à la médiathèque de Champagney, il y a quelques temps. Rendez-vous a été pris pour qu’elle participe à un café littéraire début novembre, aussi me suis-je procuré le roman afin de l’avoir lu au préalable.

Ne vous laissez pas piéger par les qualificatifs trompeurs que l’on peut trouver par exemple sur Babelio. Ce n’est ni un polar, ni un thriller… Les secrets du cylindre est le roman d’une quête : celle des racines, de l’identité. C’est également le récit touchant du travail de deuil. L’héroïne, Julie, à l’occasion de l’étrange jeu de piste organisé par son défunt père, part sur les traces du passé familial pour mieux comprendre qui elle est vraiment, et se libérer de ce qui bloque son évolution personnelle. C’est empreint de tendresse, de nostalgie et le lecteur se retrouve complètement absorbé par l’histoire.

Beaucoup ont été bluffés -voire déçus- par la fin qui leur a paru plus qu’inattendue. Pourtant, j’ai relevé des indices disséminés ça et là, de façon plus répétée dans les derniers chapitres, qui peuvent mettre sur la piste. Et cette fin ne m’a pas parue incohérente ou frustrante du tout, bien au contraire. J’aime les surprises. La fin est en fait le véritable commencement et on pourrait se plaire à imaginer une suite…

Une belle histoire en tout cas que ces Secrets du cylindre, une publication d’une petite maison d’édition haut-saônoise Le citron bleu, qui se distingue par la qualité de ses ouvrages et la façon dont son fondateur, Jean-Louis Poirey, sait mettre en valeur à la foi livres et auteurs.

Pour les francs-comtois, sachez que Isabelle Bruhl-Bastien sera présente à une rencontre-débat au café du théâtre de Belfort le 25 octobre prochain, et au café littéraire des deux Plancher le jeudi 6 novembre à 20 heures, à la bibliothèque municipale de Plancher-les-Mines. L’occasion pour vous d’acheter et de faire dédicacer son livre en vue d’éventuels cadeaux de Noël !

Pour en savoir plus sur les éditions du citron bleu, je vous engage à lire l’article que j’ai écrit en septembre pour Les Affiches de la Haute-Saône, après une rencontre avec Jean-Louis Poirey au salon Les Mots Doubs.