Frog Music – Emma Donoghue

Frog_Music_book_2871031cQuatrième de couverture

À l’été 1876, la ville de San Francisco suffoque sous une chaleur accablante. Dans le saloon des McNamara, en lisière d’une voie ferrée, un coup de feu retentit dans la nuit. Blanche Beunon échappe de justesse à la mort qui n’épargne pas son amie Jenny. Inconsolable, Blanche va tout mettre en œuvre pour confondre le meurtrier de Jenny et le conduire devant la justice.

Leur histoire est à l’image de la ville, bruyante et crasseuse, peuplée de femmes au verbe haut, d’hommes jaloux et de chansons des rues. Leur amitié est plus qu’improbable tant elles sont opposées : Jenny est d’un drôle de calibre, une chasseuse de grenouilles qui aime défier la loi en arborant des pantalons et un colt. Danseuse de burlesque aguerrie, Blanche prend la vie comme elle vient au risque de passer à côté d’elle-même et de son enfant, pour le plaisir de son homme et de ses michetons. Leur rencontre accidentelle va changer le cours de leur destin… Une envoûtante histoire de femmes bataillant pour s’affranchir dans le monde sans foi ni loi de la grande ville de l’Ouest.

Mon avis

J’ai reçu ce roman dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio, et je remercie les éditions Stock pour l’envoi. J’ai lu il y a quelques années Room, du même auteur et j’avais beaucoup apprécié. Cela m’a aidée à aborder favorablement ce nouveau roman, bien que l’étiquette « Western féminin » ne m’emballait pas particulièrement.

C’est en fait une belle histoire de femmes qui, dans la Californie du XIXème siècle, luttent avec les moyens dont elles disposent pour leur liberté, qui s’acharnent à différencier plaisir et exploitation. Blanche doit résoudre le meurtre de Jenny Bannet avant d’être elle-même victime des assassins. L’auteur profite également de ce roman pour dépeindre ce qui était la norme de l’époque (prostitution légale dès 10 ans, instituts pour enfants délinquants…).

Les personnages de ce roman ne sont pas fictifs et ont tous existé, comme le précise la postface du livre, qui donne bon nombre de renseignements sur eux. L’auteur s’est plongée dans les documents d’archive (articles de journaux, essentiellement) disponibles afin de créer son roman, pour coller au plus près de la réalité des faits.

Un roman très intéressant du point de vue historique et qui se lit avec beaucoup d’aisance. Frog Music paraîtra le 22 avril 2015 aux éditions Stock.

Les mystères de Winterthurn – Joyce Carol Oates

Quatrième de couverture :

À la fin du xixe siècle, au manoir de Glen Mawr situé dans la ville de Winterthurn à l’est des États-Unis, vit l’étrange famille Kilgarvan, composée de trois filles : Georgina, l’aînée, appelée la « nonne bleue », et ses deux demi-soeurs qu’elle élève seule, la sage et studieuse Thérèse et la jolie et fantasque Perdita. À l’aube d’une journée de mai, Georgina s’en va en ville acheter cinquante livres de chaux vive. Peu après, on retrouvera le bébé de sa cousine Abigaïl, venue quelques jours en visite, égorgé près du lit de la mère.
Douze ans plus tard, cinq jeunes filles sont retrouvées mortes, atrocement mutilées, près de Winterthurn. Et, douze ans plus tard encore, c’est le pasteur, sa mère et une de ses paroissiennes qui sont sauvagement assassinés à coups de hache. Chaque fois, la clé de ces mystères épouvantables va être la même : jusqu’où ose aller une femme amoureuse ?

Xavier Kilgarvan mène les trois enquêtes avec verve et passion et met toute sa vie dans la résolution de ces crimes. Et l’on suit avec délice les façons de la société du tournant du siècle avec tout ce qu’elle a de suranné et d’hypocrite à force de bienséance.

Mon avis :

Ce roman n’est pas une nouveauté, mais une réédition. L’auteur nous livre ici un roman dans lequel se mêle différents genres tels que le policier et le gothique classique. On y retrouve aisément l’influence de Conan Doyle et d’Edgar Poe. C’est un roman noir où se mêlent réalisme et fantastique, horreur et atrocités, le tout narré avec un humour sous-jacent. L’auteur n’hésite pas à montrer les faux-semblants de ses personnages (un juge qui revendique sa probité et sa justice, tout en n’hésitant pas à faire exécuter des gens de peu, sous prétexte justement qu’ils valent peu…). Mais c’est avant tout une description sans concession de la société bien-pensante de l’Amérique du XIXème siècle qui sous un masque de vertu, s’adonne en fait aux pires dépravations.

L’ouvrage est très dense, et il serait faux de dire qu’il  se lit tout seul. Non, il demande des efforts. Aller au bout de ces trois énigmes mystérieuses se mérite, et c’est tant mieux, à une époque où l’on recherche sans cesse la facilité partout.

Un bon roman comme on les aime, à découvrir ou redécouvrir sans hésitation.

éditons Stock – Paru en janvier 2012 – 23.49 €

Petit lexique du petit – Jean-Luc Petitrenaud

Quatrième de couverture : Les idées les plus saugrenues sont souvent les plus savoureuses. Ainsi, à force de s’entendre parodié sinon pastiché par son ami Nicolas Canteloup, Jean-Luc Petitrenaud a décidé de relever ce drôle de défi : écrire un petit lexique gourmand du petit, alors qu’il est tendrement moqué chaque matin pour ses petits défauts, sa manie irrépressible de nommer ses petites auberges, les petits plats, la petite serveuse, ses petites recettes, sa petite casserole, le petit café ou le petit pois. Alignés au fil des pages comme les poussins derrière la mère poule, les « petits » arrondissent joliment les angles de la vie. Allez, encore un petit verre et Petitrenaud retourne nourrir ses petits. Voilà bien un livre qui ne ressemble à aucun autre, beaucoup plus personnel qu’il n’y paraît au premier abord car Jean-Luc Petitrenaud s’est laissé prendre au jeu et au piège que lui tendait son curieux sujet : il finit par nous émouvoir et nous livrer autant de secrets que d’anecdotes, autant de conseils que de sourires.

Mon avis :

Voici un livre qui est fait pour les aficionados de Jean-Luc Petitrenaud, critique gastronomique et star de télé. Brocardé souvent pour son abus d’utilisation du terme « petit », il nous fait offre ici, avec beaucoup d’humour, une revue de détail de tous les « petits » possibles et imaginables, sortant des « petits » chemins culinaires, n’hésitant pas à explorer jusqu’au « petit » coin…

Au travers d’articles courts (deux pages pour les plus longs), l’auteur nous emmène dans son univers de façon très plaisante.

Le « Petit lexique du petit » est sorti le 2 novembre 2011 aux éditions Stock, au prix de 13 €.

 

Petit lexique du petit par J.L. Petitrenaud – éditions Stock

Le système Victoria – Eric Reinhardt

Quatrième de couverture :

« Si j’avais renoncé, à cet instant précis, à lui adresser la parole, intimidé par la perspective de faire entrer dans ma vie une femme de cette stature ; si je lui avais dit : « Excusez-moi, je suis désolé, je vous ai prise pour quelqu’un d’autre », avant de m’éloigner et de rentrer chez moi ; si j’avais pu savoir que l’aborder entraînerait mon existence dans une direction où je n’étais pas sûr de désirer qu’elle s’aventure, Victoria n’aurait peut pas trouvé la mort un peu moins d’un an après notre rencontre. Elle serait encore vivante aujourd’hui. Je ne vivrais pas retiré dans un hôtel de la Creuse, au bord d’une route, séparé de Sylvie et des enfants, à ruminer ma culpabilité. Je n’aurais pas été détruit par le rôle que j’ai joué dans ce drame, ni par les deux jours de garde à vue qui en ont découlé. Le visage, les regards, la pitié de Christophe Keller ne se seraient pas installés dans ma conscience comme une obsession corrosive. Mais il se trouve que le visage de Victoria s’est tourné vers le mien et que j’ai basculé dans ce regard qui s’étonnait. »

 

L’auteur :

Né en 1965, Éric Reinhardt est l’auteur de Demi-sommeil (Actes Sud, 1998), du Moral des ménages (Stock, 2002), de Existence (Stock, 2004) et de Cendrillon (Stock, 2007).

 

Mon avis :

Ce roman pourrait être le récit convenu d’une relation adultère, ou un polar décrivant l’enquête entourant la mort mystérieuse de Victoria, mais non. Il est bien plus que cela. Récit d’une histoire d’amour passionnel entre un homme plein de doute sur lui-même et une femme de pouvoir, il se fait aussi le témoin des excès d’un libéralisme débridé.

Le point récurrent du livre, c’est le sexe. Bien que ça ne soit pas un roman érotique, celui-ci y est constamment présent, avec des pages d’une force époustouflante. C’est le sexe qui réuni David et Victoria, c’est également lui qui contribuera à causer leur perte, mais pas seul.

Le « système » de vie construit par Victoria, aussi parfait qu’il semble paraître, se lézarde pour finir par la détruire. L’auteur a-t-il voulu mettre ce système en parallèle avec les lézardes qui fissurent le système économique mondial aujourd’hui ? C’est sur ce point précis (et sur bien d’autres choses) qu’Éric Reinhardt répond dans une longue interview accordée au journal Libération.

Ce roman est un pavé de 522 pages, mais qui se dévore, tant il est prenant. Quant au style, il est brillant, travaillé. On ne peut rester insensible devant la beauté de certaines phrases.

« Le système Victoria » est un grand livre, qui, une fois terminé, laisse le regret de ne pas pouvoir le découvrir à nouveau.

 

A paraître le 23 août aux Éditions Stock

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ROOM – Emma Donoghue

Quatrième de couverture :

« Room appartient à cette espèce si rare, celle des vraies oeuvres d’art. Vous dire qu’il ne ressemble à aucun autre livre est pour moi le plus beau des compliments. Il suffit de décrire sa puissance, sa beauté sombre et pleine de révélations.

Michael Cunningham

Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque. Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Celle-ci occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il vit seul avec elle dans la même pièce, depuis sa naissance. Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais la mère fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne pourra pas continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir.

Mais réussira-t-elle à trouver des repères loin de leur univers ? Quel accueil lui réservera le monde extérieur, à lui, l’enfant né de la captivité ?

Room interroge la capacité de survie qui existe en chacun de nous, tout en célébrant la puissance du langage et de la littérature.

L’auteur :

Room et le septième roman d’Emma Donoghue. Il a été finaliste du Booker Prize. Née en 1969, l’auteur vit aujourd’hui au Canada. Mère de deux enfants, elle résume magnifiquement l’étrangeté et le paradoxe qu’elle a tenté de saisir en écrivant ce roman : « Devenir parent suscite les émotions les plus folles. On passe d’un instant à l’autre du rôle de celui qui console à celui qui persécute, tout comme les enfants passent leur temps à illuminer notre vie et à nous rendre fous ».

Mon avis :

J’ai lu ce roman en 24 heures, et je suis encore sous le choc. Qu’en dire, qui ne vienne pas gâcher le plaisir de la découverte, les émotions suscitées par les mots de cet enfant de 5 ans ?

Inspirée par l’affaire Fritzl, l’intrigue nous glace par la perversité des situations, des violences subies, nous émeut par l’œil que cet enfant si petit et pourtant si mature en a et la façon dont il les raconte, avec ses mots à lui.

Il fait partie de ces rares livres qui ne nous laissent pas indemnes, une fois la dernière page tournée. Incontestablement, un des grands livres de la rentrée littéraire.

A paraître le 24 Août aux Éditions Stock

Quatrième de couverture :

« Room appartient à cette espèce si rare, celle des vraies oeuvres d’art. Vous dire qu’il ne ressemble à aucun autre livre est pour moi le plus beau des compliments. Il suffit de décrire sa puissance, sa beauté sombre et pleine de révélations.

Michael Cunningham

Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque. Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Celle-ci occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il vit seul avec elle dans la même pièce, depuis sa naissance. Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais la mère fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne pourra pas continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir.

Mais réussira-t-elle à trouver des repères loin de leur univers ? Quel accueil lui réservera le monde extérieur, à lui, l’enfant né de la captivité ?

Room interroge la capacité de survie qui existe en chacun de nous, tout en célébrant la puissance du langage et de la littérature.

L’auteur :

Room et le septième roman d’Emma Donoghue. Il a été finaliste du Booker Prize. Née en 1969, l’auteur vit aujourd’hui au Canada. Mère de deux enfants, elle résume magnifiquement l’étrangeté et le paradoxe qu’elle a tenté de saisir en écrivant ce roman : « Devenir parent suscite les émotions les plus folles. On passe d’un instant à l’autre du rôle de celui qui console à celui qui persécute, tout comme les enfants passent leur temps à illuminer notre vie et à nous rendre fous ».

Mon avis :

J’ai lu ce roman en 24 heures, et je suis encore sous le choc. Qu’en dire, qui ne vienne pas gâcher le plaisir de la découverte, les émotions suscitées par les mots de cet enfant de 5 ans ?

Inspirée par l’affaire Fritzl, l’intrigue nous glace par la perversité des situations, des violences subies, nous émeut par l’œil que cet enfant si petit et pourtant si mature en a et la façon dont il les raconte, avec ses mots à lui.

Il fait partie de ces rares livres qui ne nous laissent pas indemnes, une fois la dernière page tournée. Incontestablement, un des grands livres de la rentrée littéraire.

A paraître le 24 Août aux Éditions Stock