L’enquête russe – Jean-François Parot

Quatrième de couverture :

1782. La France et les Insurgents américains sont en passe de l’emporter sur l’Angleterre. Le tsarévitch Paul, sous le nom de comte du Nord, séjourne incognito à Paris, étape de son tour d’Europe. Versailles entend se concilier les faveurs de l’héritier de l’empire russe. Nicolas Le Floch reçoit mission de Sartine et de Vergennes de monter un subterfuge lui permettant de gagner la confiance du fils de Catherine II. Qui assassine au même moment le comte de Rovski, ancien favori de la tsarine, exilé à Paris ?
Au cours d’une enquête minutieuse, et tout en participant aux divers événements de la visite princière, Nicolas Le Floch et l’inspecteur Bourdeau vont avancer pas à pas, de surprise en surprise, dans les milieux parisiens du jeu, de la galanterie, du négoce et de l’espionnage. Y a-t-il un lien entre ce crime et des meurtres à l’ambassade russe ? Qui massacre des filles galantes des boulevards ? Quel jeu pratiquent les entours du prince ? Qui est la mystérieuse princesse de Kesseoren, escroc de haut vol ? Que vient faire dans cet imbroglio un agent du Congrès américain protégé par Benjamin Franklin ?
Nicolas parviendra-t-il à dénouer les écheveaux mêlés de ces intrigues ? Quelle découverte lui réserve une quête qui mettra une nouvelle fois en cause ses fidélités ? Entouré des siens sous la houlette incertaine d’un Sartine tortueux, le commissaire des Lumières affrontera périls et trahisons…

Mon avis :

Avec ce dixième volet des enquêtes de Nicolas Le Floch, l’auteur nous fait plonger, une fois de plus, avec virtuosité dans le Paris du XVIIIème siècle. La plume est époustouflante tant elle est dans le ton de l’époque, tout comme les descriptions de la capitale. Comme à son habitude, Jean-François Parot mêle fort adroitement de nombreux éléments historiques à une trame romanesque haletante.

L’auteur s’inspire des relations détestables qui existaient entre Catherine II de Russie et son fils Paul, pour nous embarquer dans une sombre affaire de complot qu’il situe à Paris. Je n’en dirai pas plus, je ne veux pas vous gâcher le plaisir de la découverte.

Deux choses occupent une place primordiale dans les volumes de cette série, il s’agit du libertinage (nous sommes en effet à la grande époque libertine) et de la cuisine. L’auteur n’hésite d’ailleurs pas, à l’occasion des nombreux banquets organisés à l’hôtel de Noblecourt, à nous détailler quelques recettes savoureuses qui font monter l’eau à la bouche. De la même façon, il est très sympathique d’assister, lors d’un de ces banquets, à une discussion animée et critique à propos d’un livre nouvellement paru et qui fait scandale : je veux parler de celui de Choderlos de Laclos « Les liaisons dangereuses ».

Au fil des pages de l’ouvrage, on sent souffler les premières brises de la révolution à venir. L’auteur y évoque la misère du peuple, les impôts… On imagine aisément Le Floch vivre cette révolution dans les volumes à venir, sans savoir pour autant de quel côté il se placera. Bref, à n’en pas douter, tout cela nous incitera vivement à suivre assidûment les prochaines enquêtes de ce héros.

Si je n’ai pas encore lu les premiers volumes (mais ça ne saurait tarder), j’ai vu par contre les téléfilms qui ont été fait par France Télévision ces dernières années, et dont le dernier volet a été diffusé vendredi sur France2. Et l’on peut dire qu’il s’agit là de brillantes adaptations, qui ne trahissent en rien l’auteur et son oeuvre, ce qui est suffisamment rare pour être relevé. Un nouvel épisode inédit devrait également être diffusé le 20 janvier, à ne rater sous aucun prétexte.

PARU LE 11 JANVIER 2012

éditions JC Lattès

Attachée – Isabel Fonseca

Quatrième de couverture :

À 46 ans, Jean Hubbard a réussi sa vie professionnelle. Journaliste spécialisée dans les problèmes de santé elle est mariée avec Mark, brillant directeur d’une agence de publicité. Sans problèmes, libres, riches, en pleine réussite professionnelle, ils décident de lever le pied et de partager leur temps entre Londres et un paradis tropical de l’océan Indien. Mais l’harmonie quotidienne vole en éclats lorsque Jean découvre un courrier électronique provocant envoyé par le bureau londonien de Mark. Au lieu de poser directement la question à son mari, Jean cherche sur le Web “Chose 2”, une Australienne de 26 ans, et découvre des photos érotiques de l’hypothétique maîtresse. En proie à un mélange de curiosité, de jalousie, de masochisme et de dépendance, Jean se lance dans une correspondance avec Giovanna, Chose 2, en se faisant passer pour Mark.
En un crescendo dramatique Isabel Fonseca compose un tableau subtil et surprenant de la cinquantaine, en montrant que la maturité et le succès n’amènent pas nécessairement l’assurance ou un équilibre émotionnel. Un roman très réussi, sagace et juste.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce roman qui, en dehors de ce qui peut paraître superficiel et léger (un milieu bourgeois et ses petites contrariétés) pose de vraies questions sur le couple, la vie qui défile, le vieillissement, la mort.

Connaît-on jamais vraiment la personne avec qui l’on partage sa vie ? L’héroïne de se livre explore se sujet de fond en comble, s’apercevant que tout est fait de faux semblants et que la vérité n’est que rarement là où on l’attend. A l’approche de la cinquantaine, ce sont toutes ses certitudes qui sont remises en question, que ce soit en tant qu’épouse, mère, ou fille puisqu’au travers de son périple, elle va être également amenée à reconsidérer ses rapports avec ses parents.

J’ai particulièrement été touchée par la confrontation à l’idée de la perte du père, qui m’a ramenée quelques années en arrière. La panique qui s’empare de tout être humain en découvrant qu’en quelques heures, et quel que soit son âge, il peut se retrouver subitement ne plus être l’enfant de personne, je l’ai connue, et la description des sentiments ressentis est pleine de justesse et de sensibilité.

Un très grand roman à découvrir sans aucune réserve, et qui paraîtra le 11 janvier aux éditions Métailié

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Attachée par Isabel Fonseca – Editions Métailié