Résurgence – Isabelle Bruhl-Bastien

Quatrième de couverture

La vie réserve quelques surprises ! Cette histoire est celle du destin croisé de deux femmes, Mathilde, vingt-cinq ans, et Aurore, quarante ans. Cette dernière mène une double enquête en suivant son intuition et en écoutant son cœur fraîchement greffé. Elle revient ainsi sur l’histoire de Mathilde, rencontrée dans une librairie quelques mois plus tôt. Aux prises avec de vieux démons enfouis, elle se retrouve dans un tourbillon d’intrigues qui la mènent de Lyon à Belfort, en passant par Nancy, puis Saint-Pétersbourg. Croyez-vous au hasard ?

Mon avis

J’ai fait la connaissance de l’auteur il y a un peu plus d’un an, alors qu’elle dédicaçait son premier roman, Les secrets du cylindre, dans une médiathèque de la vallée. Je l’avais alors invitée à participer à l’un de nos cafés littéraire, ça s’était fait en novembre 2014.

Avec Résurgence, Isabelle Bruhl-Bastien nous livre un roman à suspens tout en finesse, qui offre des ressentis incroyables de justesse, et un retournement final de situation dont je ne dirai rien, sinon qu’il est bouleversant. La plume de l’auteur a gagné en assurance et je n’ai pas relevé les quelques maladresses que j’avais trouvées dans le précédent volume.

Il est extrêmement difficile de parler du livre sans en dévoiler la trame, aussi ne le ferais-je pas. Mais c’est frustrant, car j’aimerais beaucoup expliquer ce qui m’a tant touchée à la lecture. C’est une histoire profondément humaine que vous découvrirez, qui met en valeur tout ce qui constitue -de façon immatérielle- un être humain : ses intuitions, ses doutes, sa construction psychologique, mais aussi les non-dits et les secrets de famille au pouvoir extrêmement destructeurs.

Si je devais qualifier les romans d’Isabelle Bruhl-Bastien, je dirais qu’ils sont de ceux qui font du bien à l’âme, car ils parlent vrai. Comme quoi la lecture peut également être une excellente thérapie 😉

Résurgence est paru en octobre 2015 aux éditions du Citron Bleu. Isabelle Bruhl-Bastien sera l’invitée du Café Littéraire des deux Plancher le 3 décembre 2015, à la médiathèque de Plancher-Bas

Carnets d’un infirmier d’une guerre oubliée – Daniel Seigneur

Carnets d'un infirmier 2Quatrième de couverture

À l’invitation de sa tante, un jeune homme passe des vacances au cours de l’été 1870 en Savoie. Il va y être surpris par la déclaration de guerre franco-allemande. Ne pouvant plus revenir dans son village à Vyans, situé près d’Héricourt (Haute-Saône), il s’engage dans la Garde mobile de Chambéry et est enrôlé comme ambulancier dans l’armée de l’Est. Il retrouve fortuitement les siens et rencontre une jeune fille. Son bataillon est commandé par Charles-Albert Costa de Beauregard, marquis savoisien mais aussi grand républicain.

Les combats, à commencer par la bataille de Villersexel, en Haute-Saône, vont se poursuivre pendant quelques jours dans la région de Montbéliard, Héricourt, le long de la Lizaine. A travers ce personnage, l’auteur décrit les incommensurables souffrances et la misère des hommes, mal équipés, affamés et gelés qui, par un hiver exceptionnellement froid et rigoureux, combattent sous le commandement du général Bourbaki.

Mon avis

J’ai lu ce roman -car malgré toutes les recherches historiques très pointues, il s’agit bien d’un roman- très vite. Le style de l’auteur est très fluide et on dévore les pages à un rythme soutenu. La guerre de 1870 n’est pas celle qui est la mieux connue du grand public, et si au niveau de la Franche-Comté, on sait tout ou presque du siège de Belfort (qui dura 104 jours et permit à la ville de rester française), le reste des événements de cette période nous échappe totalement. Aussi, ce fut un vrai plaisir pour moi que de m’instruire sur cette période. D’emblée, on s’embarque dans le périple de ce jeune homme, on souffre avec ces soldats victimes d’une guerre ignoble (mais en existe-t-il d’autres ?). On visualise également très bien les lieux lorsque l’on est originaire de la région. Moi qui suis montbéliardaise de naissance, mais qui n’avait jamais entendu parlé de la bataille de la Lizaine, j’ai découvert que des endroits que je connais très bien avaient été les lieux d’une épouvantable et stérile boucherie.

Autre point fort de ce livre, c’est l’état de ce qu’était la médecine de guerre à l’époque et la façon dont travaillaient les « infirmiers » (je mets des guillemets puisque le diplôme d’infirmier(ère) n’a été créé qu’après la guerre de 14/18) de la Croix-Rouge dans ce premier conflit suivant sa fondation par Henri Dunand.

Bref, je n’ai pas été déçue du tout par ce roman que je recommande chaudement à tous les amoureux d’histoire en général et aux francs-comtois en particulier.

Carnets d’un infirmiers d’une guerre oubliée est paru aux Éditions Cabédita

Daniel Seigneur sera l’invité du Café littéraire des deux Plancher le jeudi 5 mars 2015, à partir de 20 heures à la médiathèque de Plancher-Bas.

Les secrets du cylindre – Isabelle Bruhl-Bastien

Quatrième de couverture

Julie Bertin vit à Lyon. Trentenaire, célibataire, elle voue sa vie à sa passion : les étoiles. Le décès de son père la fait revenir en Franche-Comté. En guise de testament, ce dernier lui a laissé des « lettres-énigmes » qui la conduiront sur les routes de France, vers une quête personnelle et philosophique. Au-delà du deuil, sa vie se trouve bouleversée. A l’image de ce médaillon offert par son père quelques mois avant de mourir, elle reconstitue tel un puzzle les fragments de son histoire familiale aux secrets bien gardés.

Mon avis

J’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteur alors qu’elle était en dédicace à la médiathèque de Champagney, il y a quelques temps. Rendez-vous a été pris pour qu’elle participe à un café littéraire début novembre, aussi me suis-je procuré le roman afin de l’avoir lu au préalable.

Ne vous laissez pas piéger par les qualificatifs trompeurs que l’on peut trouver par exemple sur Babelio. Ce n’est ni un polar, ni un thriller… Les secrets du cylindre est le roman d’une quête : celle des racines, de l’identité. C’est également le récit touchant du travail de deuil. L’héroïne, Julie, à l’occasion de l’étrange jeu de piste organisé par son défunt père, part sur les traces du passé familial pour mieux comprendre qui elle est vraiment, et se libérer de ce qui bloque son évolution personnelle. C’est empreint de tendresse, de nostalgie et le lecteur se retrouve complètement absorbé par l’histoire.

Beaucoup ont été bluffés -voire déçus- par la fin qui leur a paru plus qu’inattendue. Pourtant, j’ai relevé des indices disséminés ça et là, de façon plus répétée dans les derniers chapitres, qui peuvent mettre sur la piste. Et cette fin ne m’a pas parue incohérente ou frustrante du tout, bien au contraire. J’aime les surprises. La fin est en fait le véritable commencement et on pourrait se plaire à imaginer une suite…

Une belle histoire en tout cas que ces Secrets du cylindre, une publication d’une petite maison d’édition haut-saônoise Le citron bleu, qui se distingue par la qualité de ses ouvrages et la façon dont son fondateur, Jean-Louis Poirey, sait mettre en valeur à la foi livres et auteurs.

Pour les francs-comtois, sachez que Isabelle Bruhl-Bastien sera présente à une rencontre-débat au café du théâtre de Belfort le 25 octobre prochain, et au café littéraire des deux Plancher le jeudi 6 novembre à 20 heures, à la bibliothèque municipale de Plancher-les-Mines. L’occasion pour vous d’acheter et de faire dédicacer son livre en vue d’éventuels cadeaux de Noël !

Pour en savoir plus sur les éditions du citron bleu, je vous engage à lire l’article que j’ai écrit en septembre pour Les Affiches de la Haute-Saône, après une rencontre avec Jean-Louis Poirey au salon Les Mots Doubs.

Le lecteur d’âmes, Premières a(r)mes – Alain Manuelle

Quatrième de couverture 

« Je m’appelle Alex. J’ai 14 ans, et je vois les. Attention ! Je ne parle pas de fantômes. Je vois les âmes des êtres vivants autour de moi. Nul ne le sait. Nul ne me croit. Un jour, pourtant, on me demande d’utiliser ce don pour retrouver une personne disparue. Je suis loin de me douter de l’aventure qui m’attend, ni des rencontres que ce drôle de jeu implique. Je vais garder le sens de l’humour, ça me sauvera peut-être… »

 

Mon avis

Ce livre est un premier roman. Je n’en avais jamais entendu parler, de même que son auteur, jusqu’à la première édition du Café Littéraire des deux Plancher, lors de laquelle une lectrice avait présenté ce livre. L’auteur, Alain Manuelle, est local -il est terrifortain-, et cela m’a donné envie de me pencher sur cet ouvrage, qui vient de terminer second du prix des lycéens du Territoire de Belfort.

Tout d’abord, il faut préciser que si il s’adresse en premier lieu aux adolescents, il peut-être lu avec intérêt par les adultes. C’est un roman à suspens dans lequel évolue le héros, Alex. Doté de son pouvoir de vision des âmes, il se retrouve embarqué dans une quête qui lui semble anodine, mais qui va avoir des conséquences pour certaines,  dangereuses.  Alex est un personnage qui étonne par sa maturité -il n’a que 14 ans après tout. Mais finalement, quoi de plus normal lorsque l’on est doté de pouvoirs aussi particuliers que les siens ?

Au-delà du suspens qui ne laisse aucun répit au lecteur grâce à des chapitres courts qui donnent un rythme effréné à l’histoire, c’est également un roman d’initiation puisque le héros découvre la vie et l’amour au fil des événements.

Ça sonne juste d’un bout à l’autre, je n’ai relevé aucune fausse note, aucune lourdeur. C’est une chose suffisamment rare dans les premiers romans (surtout publiés par une petite maison d’édition locale aujourd’hui disparue), preuve d’un réel talent de l’auteur et du sérieux de l’éditeur.  On ne peut que regretter de ne plus pouvoir se le procurer que dans la seule librairie indépendante de Belfort La Marmite à Mots. Si le titre est toujours présent sur des sites comme celui de la FNAC, l’achat n’est plus possible puisque l’approvisionnement ne peut plus se faire.

Alain Manuelle est en quête d’un éditeur qui accepte de le rééditer, mais surtout qui s’engage a faire paraître la suite qui est déjà prête. On lui souhaite de trouver rapidement car, après avoir dévoré ce volume en quelques heures, on n’a qu’une hâte : savoir comment vont évoluer les choses ensuite.

Une belle découverte en tout cas que ce Lecteur d’âmes, dont je recommande la lecture aux ados évidemment, mais aussi aux adultes.

A noter que Alain Manuelle sera l’invité de la prochaine édition du Café Littéraire des deux Plancher qui se tiendra le jeudi 5 juin 2014 à 20 heures, à la Médiathèque de Plancher-Bas. L’occasion idéale pour le découvrir, échanger avec lui à propos de son roman et de ses projets. Alors si cela vous tente, n’hésitez pas à venir nous y rejoindre.