Les secrets du cylindre – Isabelle Bruhl-Bastien

Quatrième de couverture

Julie Bertin vit à Lyon. Trentenaire, célibataire, elle voue sa vie à sa passion : les étoiles. Le décès de son père la fait revenir en Franche-Comté. En guise de testament, ce dernier lui a laissé des « lettres-énigmes » qui la conduiront sur les routes de France, vers une quête personnelle et philosophique. Au-delà du deuil, sa vie se trouve bouleversée. A l’image de ce médaillon offert par son père quelques mois avant de mourir, elle reconstitue tel un puzzle les fragments de son histoire familiale aux secrets bien gardés.

Mon avis

J’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteur alors qu’elle était en dédicace à la médiathèque de Champagney, il y a quelques temps. Rendez-vous a été pris pour qu’elle participe à un café littéraire début novembre, aussi me suis-je procuré le roman afin de l’avoir lu au préalable.

Ne vous laissez pas piéger par les qualificatifs trompeurs que l’on peut trouver par exemple sur Babelio. Ce n’est ni un polar, ni un thriller… Les secrets du cylindre est le roman d’une quête : celle des racines, de l’identité. C’est également le récit touchant du travail de deuil. L’héroïne, Julie, à l’occasion de l’étrange jeu de piste organisé par son défunt père, part sur les traces du passé familial pour mieux comprendre qui elle est vraiment, et se libérer de ce qui bloque son évolution personnelle. C’est empreint de tendresse, de nostalgie et le lecteur se retrouve complètement absorbé par l’histoire.

Beaucoup ont été bluffés -voire déçus- par la fin qui leur a paru plus qu’inattendue. Pourtant, j’ai relevé des indices disséminés ça et là, de façon plus répétée dans les derniers chapitres, qui peuvent mettre sur la piste. Et cette fin ne m’a pas parue incohérente ou frustrante du tout, bien au contraire. J’aime les surprises. La fin est en fait le véritable commencement et on pourrait se plaire à imaginer une suite…

Une belle histoire en tout cas que ces Secrets du cylindre, une publication d’une petite maison d’édition haut-saônoise Le citron bleu, qui se distingue par la qualité de ses ouvrages et la façon dont son fondateur, Jean-Louis Poirey, sait mettre en valeur à la foi livres et auteurs.

Pour les francs-comtois, sachez que Isabelle Bruhl-Bastien sera présente à une rencontre-débat au café du théâtre de Belfort le 25 octobre prochain, et au café littéraire des deux Plancher le jeudi 6 novembre à 20 heures, à la bibliothèque municipale de Plancher-les-Mines. L’occasion pour vous d’acheter et de faire dédicacer son livre en vue d’éventuels cadeaux de Noël !

Pour en savoir plus sur les éditions du citron bleu, je vous engage à lire l’article que j’ai écrit en septembre pour Les Affiches de la Haute-Saône, après une rencontre avec Jean-Louis Poirey au salon Les Mots Doubs.

Toute ressemblance avec le père – Franck Courtès

Quatrième de couverture

« Au même âge que mon fils, je m’étais hissé au sommet d’une meule un soir, au bord du plateau. Je dominais la vallée de l’Ourcq. La nuit approchait. Les nuages venaient de loin et j’avais un peu froid. Devant moi, la terre brune, les bois sombres, le vent dans mon dos, dessinaient les contours du bonheur, les points cardinaux d’une boussole imaginaire. J’étais un cristal de garçon.»

Comment se défait-on des fantômes du passé?
Ils sont trois personnages, une mère et ses deux enfants, Mathis et Vinciane, à tenter de survivre après la mort accidentelle de Jacques. Si Mireille, inconsolable, s’est figée dans son destin de veuve d’un héros magnifié, Vinciane, elle, traverse les océans pour oublier. Quant à Mathis, prisonnier de l’image paternelle, il enchaîne les conquêtes et s’abîme dans la séduction. Tous se débattent mais le fantôme de Jacques rôde, un fantôme qui épouserait les fantasmes et les culpabilités de chacun.
Mais vient un jour où il faut solder les comptes et songer à l’avenir.

Mon avis

Toute ressemblance avec le père est un premier roman, car si Franck Courtès avait déjà été publié auparavant, c’était avec un recueil de nouvelles (que je n’ai pas lu d’ailleurs). Je me suis donc immergée dans cet univers que je découvrais. Beaucoup de personnages différents au départ m’ont un peu perdue, mais j’ai très vite accroché au récit. Au travers de la vie de cette famille, c’est l’histoire des blessures de la vie, du deuil impossible qui est abordée ici.

Avec la mort accidentelle de Jacques, le père, c’est l’univers de la famille qui s’écroule d’un coup, surtout lorsque l’on découvre avec elle que le défunt n’était pas celui qu’elle croyait. Mais, c’est bien connu, pour certaines personnes les défunts deviennent des saints, leurs travers sont comme gommés par le trépas. C’est cela que fait Mireille, sa veuve. Elle s’enferme -et ses enfants avec elle- dans le mythe du mari irréprochable et dans le rôle de veuve éternelle ; s’interdit de vivre et par la même occasion pourrit la vie de ses enfants. Sa fille préfère fuir autour du monde, tandis que Mathis -le fils- construit sa vie d’homme sur des failles, des manques qui lui interdisent d’accéder au bonheur et à la sérénité. Trois vies empoisonnées par le « fantôme » du mari et du père qui les poursuit, décennies après décennies.

Cette histoire m’a beaucoup touchée parce qu’elle est criante de sincérité. La plume est simple et agréable à lire, les dialogues sonnent juste. J’ai passé un très beau moment de lecture, un de plus car cette rentrée est riche en bons romans.

Pour les francs-comtois, je précise que Franck Courtès sera aux Mots Doubs à Besançon le week-end prochain. L’occasion d’acheter son livre et de se le faire dédicacer…